
Puis j'ai grandis un peu. J'ai eu l'impression que tout était beaucoup plus petit.
Et aujourd'hui, j'ai l'impression que tout devient même minuscule. Qu'on s'étouffe, les uns sur les autres. Qu'entassés dans notre inconscience, on se fera bientôt piétinés. Que c'est déjà le cas, mais qu'on y voit rien. C'est le cœur de notre nouvelle perception. Parce que pour certains c'est la haine. Qu'ils sont aveuglés par les feux du mal. Et que pour d'autres, c'est l'amour qui illusionne la vue.
Parfois, on sait même qu'on a assombri son esprit de multiples lueurs d'espoir. Et que ces lueurs d'espoir se sont perdues dans le sommeil des rêves.
Oui, le monde est fou. Fou et Flou. A perte de vue, on ne voit plus rien. C'est le vide total. On essaie même pas d'avancer à tâtons, non! On a toujours eu peur de l'avenir, de ce qu'on ne connaît pas. Mais on se précipite quand même. Le bras levé vers une invisible lueur. On se précipite, hurlant une victoire qui n'a jamais existé. Qui n'est que le fruit de notre imagination.
On accueille à bras ouverts cet avenir qui nous tétanise tant. On ne fait rien pour l'arrêter, on lui court après.
Et ça n'est bien plus tard, quand cet avenir est devenu passé, qu'on se dit qu'on aurait du le stopper. Les erreurs nous sautent aux yeux. On découvre des failles dans notre imaginaire. Les illusions s'écroulent, se détachent entre elles. Elles versent des larmes de regrets, d'incompréhension. Elles ne comprennent rien. Évidemment, puisque tout est trop rapide. Prise de conscience qui sonne trop tard, trop vite. Alors, on fortifie la cloison des illusions. De plus en plus fragile, la cloison. On sait bien qu'elle s'écroulera. Un jour ou l'autre. Mais c'est si rassurant pour nos cœurs endormis, de se reposer sur des drames inachevés.
On a perdu la saveur de se corriger. La seule chose qu'on réussit à faire, c'est se lamenter.
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